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Début des plaidoiries dans l’affaire du 19 juillet : ce que la partie civile réserve à chacun des accusés

Ce lundi 27 mai, les avocats de la partie civile ont plaidé dans le dossier de l’attaque du domicile privé du président Alpha Condé dans la nuit du 18 au 19 juillet 2011. Pour cette première journée, Me Mory Doumbouya et Me George Destéphane Sidibé ont ouvert le bal des plaidoiries.

Après l’exposé de Me Destéphane qui a campé la plaidoirie de la partie civile, Me Mory Doumbouya a pris la parole pour s’interroger sur cette affaire. : ‘’ est-ce qu’il y a eu complot, atteinte à l’autorité de l’Etat, tentative d’assassinat, assassinat, association de malfaiteurs, destruction d’objet mobilier et privé, consommation de drogue, rébellion, abstention délictueuse et complicité ? ’’. Sa réponse à cette question est affirmative.

« Dans la nuit du 18 au 19 juillet 2011, au moment où les laborieuses populations dormaient, au moment où certains faisaient des prières pour que Dieu puisse aider la Guinée, un puissant commando armé de roquettes, de kalachnikovs, de PMAK, fortement drogué, a pilonné avec une violence inouïe la résidence privée du président de la République, le professeur Alpha Condé, commandant en chef des forces armées, président démocratiquement élu. Cette attaque surprise a été vite repoussée et maitrisée, grâce bien entendu, à la bravoure de la garde présidentielle. Nonobstant les blessés et des pertes en vies des personnes enregistrées dans ses rangs », a indiqué Me Mory.

Après avoir analysé qu’il y a eu complot contre le président de la République, Me Mory Doumbouya s’est prononcé sur la responsabilité individuelle de chacun des accusés.

S’agissant d’abord des accusés décédés, les lieutenants Ousmane Coulibaly et Amadou Diallo, les colonels Abdoulaye Bah, Issiaga Camara et Thierno Sofiane Diallo, Me Mory a indiqué que l’arrêt qui a saisi la Cour indique clairement qu’au terme de l’article 2 du code de procédure pénale, l’action publique est éteinte.

Cependant, il a demandé l’application des articles 564 et suivants du code de procédure pénale traitant de la procédure de contumace pour les accusés en fuite comme le lieutenant Bobo, Lamine Diallo, Abdoulaye Mané, Emile Guilavogui et Bah Oury, vice-président de l’UFDG.

Abordant la question des accusés poursuivis pour association de malfaiteurs, assassinat, tentative d’assassinat, attentat contre l’autorité de l’Etat, coups et blessures volontaires, destruction d’édifices privés et d’objets immobiliers, l’ethnocentrisme et complicité, il a demandé l’application des articles 269 et suivants, 282 et suivants, 295, 487, 136 et 51 du code de procédure pénale contre les personnes retenues pour ces différents chefs d’accusation.

Parlant des accusés considérés comme principaux auteurs de l’attaque, notamment le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo (AOB) et Jean Guilavogui, Me Mory Doumbouya a rappelé le contenu des dispositions des articles 6, 86 alinéas 3, 91, 282 et 286 du code de procédure pénale qui concourent à la peine de mort.

« Le commandant AOB est le bobinard du complot du 19 juillet contre le président de la République, le professeur Alpha Condé. Le plan exécuté le 19 n’est que le plan écourté des velléités submersibles du commandant AOB. Ce monsieur, en le voyant personnellement, je me dis qu’il est si dangereux qu’il voulait préparer une rébellion contre notre pays », a indiqué Me Doumbouya en citant une liste de matériels militaires qui, selon lui, a été saisie au domicile du commandant AOB suite à une perquisition. Cette liste présentée par Me Mory fait cas, entre autres, des hélicoptères chinois, d’avion, des fusils auto-projetables, des véhicules de combats.

Plus loin, il ajoute que le commandant AOB connait les assaillants qui sont allés au domicile du président. « Pourquoi lorsqu’il est venu rencontrer le chef de poste, il n’a pas dit que c’est le lieutenant Bobo et le lieutenant Amadou qui sont venus les attaquer ? » s’est-t-il interrogé en démentissant les propos selon lesquels le commandant AOB a été pris en otage.

Concernant Jean Guilavogui, Me Mory soutient que les faits qu’on lui reproche sont suffisamment avérés. Comme il l’a fait pour le commandant AOB, Me Mory a demandé que Jean Guilavogui présente ses excuses au peuple de Guinée pour trahison.

Pour les personnes poursuivies pour complicité, Me Doumbouya a cité les dispositions de l’article 51 du code de procédure pénale qui dit : « la complicité est la participation d’un individu en pleine connaissance de cause à un crime ou à un délit dont un autre est auteur principal ». Pour ce cas, il cite dans un premier temps, Mme Fatou Badiar, Almamy Aguibou Diallo, Mamadou Alpha Diallo, le Margis-chef Youssouf Diallo, Alpha Aliou Barry et le sous-lieutenant Mohamed Komara dit Rambo.

« La position de Mme Fatou Badiar avec les cinq autres personnes, ressemble à la vie des abeilles dans une ruche. Mme Fatou Badiar présentée en termes de complicité, est la reine du complot, spécialisée en manipulation ethnique. Almamy Aguibou, Mamadou Alpha, Margis-chef Youssouf Diallo, Alpha Aliou sont les ouvriers de la société d’abeilles et le sous-lieutenant Komara est un faux bourdon », a-t-il indiqué.

En ce qui concerne la deuxième catégorie des personnes poursuivies pour complicité, la partie civile a jugé que la responsabilité des accusés, le capitaine Abdoulaye Diallo, Mohamed Sow, Amadou Sadio Diallo et lieutenant Mamadou Yéro Diallo, est si moindre qu’il n’y pas lieu de les retenir davantage.

Par ailleurs, pour le cas particulier du capitaine Adama Mara, Me Mory le présente comme le directeur des sanctuaires des assaillants. « Plusieurs habits de protection contre les balles ont été fournis par le capitaine Adama Mara », a-t-il indiqué. Avant de se demander : « Si le capitaine Adama Mara n’était pas impliqué dans le coup, pourquoi après avoir fait débourser 4 millions pour faire ces boubous de protection, a-t- il a décidé de les enfouir dans une fosse sceptique ? »

Pour ce qui concerne le cas des accusés Baba Alimou, Thierno Sadou Diallo, Ousmane Diallo, Mamadou Lamine Barry, Thierno Maka Bah et Souleymane Bah poursuivis aussi pour complicité, Me Mory les classe dans la quatrième catégorie qu’il qualifie de spécialistes de distribution, de vente et de commerce illicite d’armes. 

Les accusés poursuivis pour ‘’abstention délictueuse’’, Me Mory Doumbouya a fait lecture de l’article 102 qui fait état de 5 à 10 ans d’emprisonnement ferme. Il s’agit des lieutenants Lamarana Diallo, Ibrahima Sory Diallo, Mamadou Alimou Barry, Alpha Saliou Wann, et du capitaine Chérif Baldé. 

Pour ce qui concerne les colonels Lanciné Doumbouya et Boubacar Algassimou Barry, le sous-lieutenant Mamadou Sadjaliou Baldé et le colonel Sambariou Diamankan, la partie civile précise qu’elle ne voit pas la nécessité de les retenir davantage.

S’agissant du commandant Aboubacar Sidiki Camara dit De Gaulle poursuivi pour détention de chanvre indien, Me Mory Doumbouya sollicite l’application de l’article 377 du code de procédure pénale.

Enfin, le dernier cas poursuivi pour rébellion, la partie civile demande l’application de l’article 361 du code de procédure pénale contre El hadj Boubacar Diallo, (beau frère de Baba Alimou).

La plaidoirie des avocats de la partie civile se poursuivra ce mardi avec Me Kamano.


Sarifou Barry 
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