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Affaire 19 juillet : ce que le procureur reproche à chacun des accusés

Après les plaidoiries de la partie civile, le procureur général, Williams Fernandez, a entamé ce mercredi 29 mai son réquisitoire dans le procès des présumés auteurs de l’attaque du domicile privé du président Alpha Condé dans la nuit du 18 au 19 juillet.

A l’entame, le ministère public a rendu hommage au feu procureur Haidara, le greffier en chef qui a trouvé la mort au début du procès et de Hadja Marie Bangoura, membre du juré décédé le mois dernier. A cet effet, il a adressé ses remerciements aux membres de la Cour et les avocats des deux parties.

« Mon réquisitoire sera ainsi déroulé. Je veux vous parler des instigateurs, les organisateurs, concepteurs, les têtes pensantes de cette attaque qui sont en grande partie appelés ici soient auteurs principaux ou complices. Deuxièmement, je vais vous parler des exécutants, les auteurs. Ceux qui ont participé à la réalisation du projet, à la commission des faits. Ceux qui étaient sur les lieux de l’attaque au domicile du président de la République à Kipé dans la commune de Ratoma dans la nuit 18 au 19 juillet 2011. Je vous parlerai ensuite en troisième position des complices qui conformément aux dispositions des articles 51 et 54 du code pénal. Enfin, je vous parlerai de tous ceux qui sont poursuivis pour détention illégale d’armes de guerre, détention de drogue et de rébellion », a indiqué le procureur.

Après un bref rappel des faits dans la nuit de l’attaque, le procureur général Williams Fernandez a précisé que Mme Fatou Badiar Diallo, le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo (AOB), Baba Alimou Barry, Amadou Oury Bah (vice-président de l’UFDG), Lamine Diallo (président de la section UFDG en Allemagne) sont les instigateurs, les têtes pensantes, les financiers de cette attaque.

Commençant par Mme Fatou Badiar Diallo, le procureur général a souligné qu’elle a été dénoncée par le commandant AOB, Almamy Aguibou Diallo, Mamadou Alpha Diallo. Selon toujours le procureur, Mme Fatou Badiar a reconnu lors des enquêtes préliminaires et devant le pool de juges d’instruction qu’elle a donné 180 mille francs guinéens à Mamadou Alpha pour se rendre à Boffa pour constater ce que le groupe rival du commandant AOB était en train de faire.

Plus loin, le procureur ajoute que même le commandant AOB a dit devant le pool des juges d’instruction et à l’enquête préliminaire que Mme Fatou Badiar est l’instigatrice, la manipulatrice, la maitresse de cette affaire. En plus de cela, le procureur reproche à Mme Fatou Badiar d’avoir tenu des propos d’ethnocentrisme, de régionalisme.
« D’après les déclarations de Almamy Aguibou Diallo, elle a soutenu que l’ethnie peulh est discriminée et qu’elle est victime de beaucoup d’exactions. Selon le commandant AOB, elle a déclaré à celui-ci qu’il était filé et que sa vie était menacée. Et que lors d’une de leur rencontre, elle lui a dit qu’on a commencé à arrêter les officiers peulhs », a précisé le procureur. Et d’ajouter : « L’ethnie est l’argument des incapables. Moi, je ne suis pas un incapable, moi j’ai des arguments. L’ethnie, c’est l’argument des incapables de ceux qui n’ont rien à dire. Comme quelqu’un l’a dit, la Guinée est une famille ».

S’appuyant sur le témoignage du commissaire Fabou Camara, le procureur a déclaré que des réunions se tenaient régulièrement dans le salon de Mme Fatou Badiar à Almamya. « Mme Fatou n’a aucun scrupule. Elle invente des histoires, c’est une mythomane », a-t-il dit.

Pour terminer sur le cas de Mme Fatou Badiar, le procureur a demandé à la Cour de retenir contre elle les faits de complicité d’association de malfaiteurs, d’assassinat, de tentative d’assassinat contre la personne du chef de l’Etat, d’attentat contre l’autorité de l’Etat, de coups et blessures volontaires, destruction d’édifices privés et de biens mobiliers, détention illégale d’armes de guerre et de munitions, ethnocentrisme et régionalisme.

Pour ce qui est du commandant AOB, le ministère public n’a pas été tendre à son encontre. Il a indiqué que le commandant AOB a reconnu devant le pool des juges d’instruction et à l’enquête préliminaire, qu’il est l’instigateur ‘’des agissements criminels opérés au domicile du président de la République’’. « Dans ce dossier, AOB n’a jamais dit la vérité », a fait savoir le procureur. Et d’ajouter en substance que le commandant AOB a participé aux actes préparatoires de l’attaque et qu’il a eu des contacts avec Mme Fatou Badiar, le lieutenant Amadou Diallo (frère de Mme Fatou Badiar), le lieutenant Lamarana (en fuite) et Baba Alimou.

Poursuivant, le procureur a balayé d’un revers de main l’argument de prise en otage avancé à la barre par le commandant AOB et les propos selon lesquels, c’est à Coronthie que le commandant a été blessé. « Pour la réalité des faits, c’est sur le lieu des hostilités que le commandant AOB a été blessé », soutient-il. Le procureur a écarté aussi la thèse qu’une grenade lancée contre le commandant AOB à Coronthie. La preuve, selon le procureur, le véhicule du commandant est resté intact.

En plus, le procureur n’a pas oublié de signaler que le commandant AOB l’a injurié et qu’il l’a traité de Satan. « Il m’a traité de tous les noms. Mais, il y a un adage qui dit : quand l’homme se noye, il s’agrippe à l’eau. Il n’a fait aucun remord. Au contraire, il se présente ici comme la victime. De qui se moque-t-on ici ? ». Ajoutant qu’il a été accusé au temps du CNDD comme étant un narcotrafiquant. 
Bref, comme Mme Fatou Badiar, le procureur Williams Fernandez a demandé à ce que la Cour retienne contre le commandant AOB des faits d’association de malfaiteurs, d’assassinat, de tentative d’assassinat de la personne du chef de l’Etat, d’attentat contre l’autorité de l’Etat, de coups et blessures volontaires, destruction d’édifices privés et de biens mobiliers, détention illégale d’armes de guerre et de munitions, ethnocentrisme et régionalisme.

Cependant, les faits de complicité de la presque totalité des huit chefs d’inculpation ont été reprochés à Baba Alimou Barry, Jean Guilavogui, Almamy Aguibou Diallo, Mamadou Alpha Diallo, Thierno Saadou Diallo, capitaine Adama Mara, le Margis-chef Youssouf Diallo.

Pour le cas particulier de Baba Alimou et du Margis-chef Youssouf Diallo, le procureur a présenté le premier comme étant un grand bandit dans son quartier de Cosa et un violeur de femmes. Le fait nouveau pour le Margis-chef Youssouf, c’est que le procureur l’accuse d’avoir participé à l’attaque du domicile du président dans la nuit du 18 au 19 juillet 2011.

Ce jeudi, le procureur poursuivra son réquisitoire avec les autres accusés et prononcera les peines qu’il prévoit contre chacun des accusés.


Sarifou Barry 
Conakry, Guinée 
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